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Le dépistage du cancer par les chiens

(Mis à jour le: 29 février 2020)

Plus besoin de prouver que les chiens ont un sens de l’odorat très aiguisé. Son odorait serait 10 000 à 20 000 fois plus développé que celui de l’Homme : c’est tout de même surprenant. C’est pour cette raison d’ailleurs qu’on les exploite pour aider à trouver des explosifs ou de la drogue. Aujourd’hui, certains chiens peuvent mieux faire : ils peuvent détecter les cancers chez les humains. On les appelle les « chiens renifleurs de cancer ».

Les cancers en France en quelques chiffres

Le dépistage du cancer par les chiens
Les cancers en France en quelques chiffres

Pour certains, ces études de recherche se penchant sur la capacité des chiens à dépister le cancer seraient farfelues et une dépense colossale. En tout cas, les chiffres sur les cancers en France pourront les convaincre sur ceci. D’après le Global Burden of Disease Cancer Collaboration, il y a aujourd’hui plus de 17 millions de personnes atteintes de cancer dans le monde et un peu moins de 9 millions de personnes y a déjà trouvé la mort.

En 2015, c’est la deuxième cause de mortalité sur la planète. Au fil des années, ces chiffres ne cessent d’augmenter et ce qui conduit les personnes atteintes de cancer vers la mort est souvent lié au retard de détection de la maladie. Chez les hommes, le cancer le plus fréquent est celui qui touche la prostate et chez les femmes, c’est celui du sein.

Comment cette capacité du chien a-t-il été découvert ?

Ce n’est pas une histoire qui date d’aujourd’hui, elle n’a tout simplement pas été développée. Ce sont deux dermatologues anglais qui ont évoqué la théorie en 1989. A cette époque, ils ont reçu une patiente de 44 ans qui avait un grain de beauté sur la jambe. Elle leur expliquait que son chien – un doberman croisé border collie – ne cessait de renifler la lésion et ce, pendant plusieurs mois, jusqu’au jour où son chien a essayé de la mordre.

Ce n’est pas un cas fréquent et c’est ce qui a poussé cette femme à voir ces dermatologues. Ces derniers ont alors procédé à des examens qui sont arrivés à une conclusion : un mélanome à un stade précoce. C’est là qu’est sortie que cette théorie comme quoi les chiens pouvaient ressentir « l’odeur du cancer ». De nombreuses scientifiques se sont d’ailleurs penchés sur ce sujet.

Les études et tests dirigés par la société américaine BioScentDx

Pour prouver cette théorie, les chercheurs de la société BioScentDx se sont familiarisés avec des races bien particulières, les beagles. D’ailleurs, parmi ces chiens, certains comme MJ, le petit Toulousain a connu un grand succès sur les réseaux sociaux. Ces toutous ont été conditionnés et entraînés pour distinguer des échantillons sanguins normaux et des échantillons sanguins venant d’un patient ayant un cancer du poumon. Dans la foulée, ces chiens ont reconnu dans 96,7 % des cas le sang portant le cancer et dans 97,5 % le sang sain.

Jusque-là, on n’a qu’une méthode de détection de sang des patients atteints du cancer. Dans tous les cas, motivé par ces résultats, BioScentDx va se concentrer sur une nouvelle technique qui va permettre de dépister les cancers de façon précoce et non invasive. Cette nouvelle étude ne sera lancée qu’au mois de novembre prochain et se focalisera plus sur le cancer du sein.

Dépistage du cancer
Dépister le cancer grâce aux chiens : Tout savoir sur ce sujet

Les tests et les études dirigés par  l’Institut Curie

Avec son projet de recherche Kdog initié par Isabelle Fromantin, l’Institut Curie se penche aussi sur ces chiens renifleurs de cancer. On parle déjà beaucoup de ce projet, mais il ne sera lancé qu’en octobre ou en novembre et se prolongera sur deux ans. Une cinquantaine de personnes y participeront et ce sera des patientes atteintes du cancer de sein, car c’est un des cancers les plus fréquents.

Les tests commenceront avec deux chiens qui sont déjà éduqués et un troisième qui est en cours d’éducation. L’éducation de l’animal est combinée aux jeux et va se faire petit à petit.

A la fin de ce processus, le chien devra déceler l’odeur de la tumeur sur la compresse. L’initiatrice de ce projet de recherche souligne que le but est bien d’aboutir à un outil fiable, mais ce mode de dépistage ne peut être prescrit que par un médecin.

Sur la piste d’autres modes de détection

Il est à noter qu’il n’y a pas que les États Unis et la France qui sont sur cette piste. D’autres scientifiques et chercheurs travaillent aussi dessus, notamment ceux de la Nouvelle-Zélande, du Mexique, du Chili. Jusqu’ici, on travaille plus sur le cancer du sein et du poumon, mais les chiens sont aussi entraînés pour déceler d’autres types de cancers. Jusqu’à ce jour, on est aussi focalisé sur les échantillons de sang, mais ces instituts de recherche comptent bien développer le dépistage canin par l’urine et les selles.

Dans tous les cas, cette participation des chiens renifleurs de cancer ne peut être qu’avantageux pour le domaine de la santé. Cette technique est rapide, car le chien donnera directement les résultats en quelques secondes. Comme elle va se faire via des échantillons, elle ne présente aucun risque et elle est non invasive.

Tout le monde pourra alors passer au dépistage du cancer, notamment les personnes à mobilité réduite qui ne peuvent pas toujours passer par les techniques de dépistage classiques. Dans tous les cas, si la méthode de détection canine s’avère positive, elle devra se poursuivre par d’autres examens pour une confirmation et pour une évaluation du stade du cancer.

Chiens renifleurs de cancers
Avec leur odorat, les chiens arrivent à détecter le cancer

Mais le cancer a-t-il une odeur ?

On se demande évidemment comment le chien, même ayant un odorat très fin, peut-il détecter le cancer ? Les personnes touchées par cette pathologie dégagent-elles une odeur en particulier ? Isabelle Fromantin, l’initiatrice du projet de recherche Kdog, explique que les plaies causées par le cancer, surtout le cancer du sein, émettent des composés organiques volatiles.

Ce sont ces derniers qui sont perçus par les chiens, mais aussi pas par n’importe quel chien. Les chiens domestiques peuvent tout de même avoir une modification spontanée du comportement à l’apparition du cancer chez son maître. Isabelle Fromantin poursuit que ces composés organiques volatiles sont des biomarqueurs du cancer.

 

 

Auteur de l’article : Redaction

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