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Les Nouveaux animaux de compagnie : ce qu’il faut savoir

(Mis à jour le: 10 septembre 2019)
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Aujourd’hui, quand on parle de nouveaux animaux de compagnie, on ne se réfère plus uniquement aux chiens et aux chats, mais à des animaux dont vous ne soupçonnez même pas qu’ils peuvent vous tenir compagnie. On les appelle « Nouveaux Animaux de Compagnie » ou seulement NAC. A quelles espèces appartiennent-ils et que faire pour en garder un chez soi en toute légalité ?

Qu’appelle-t-on NAC ?

Chien

On appelle NAC tout animal de compagnie autre que les chiens et les chats. Toutes les espèces animales ne rentrent toutefois pas dans cette classification, car il y a des espèces que les autorités refusent qu’on les garde à domicile pour une question de sécurité et de dangerosité.

Dans tous les cas, le terme NAC inclut aussi bien des animaux domestiques que des animaux non domestiques.

Pour information supplémentaire, le terme NAC ou « Nouveaux animaux de compagnie » a été créé, dans les années 80, par un vétérinaire du nom de Michel Bellangeon. Ce dernier a eu cette idée quand il a remarqué que de plus en plus de propriétaires venaient le consulter avec ces animaux que l’on ne considère pas vraiment comme « de compagnie ».

Quelles sont les races de NAC connues ?

Parmi les espèces animales aujourd’hui considérées comme étant des NAC, on peut citer :

  • Les reptiles : cela inclut les serpents, même ceux venimeux. En règle générale, en élever chez soi est autorisé, mais attention, les hôpitaux ne possèdent pas tous d’anti-venin donc si vous vous faites mordre, il sera difficile de vous soigner. Appartenant à la même espèce, bon nombre de personnes pensent que le python est sans risques puisqu’il ne mord pas et reste inoffensif pour l’homme. Attention toutefois, si vous portez l’odeur d’une de ses proies, comme la chèvre, le python peut alors vous confondre avec cet animal et vous étouffer par accident. Dans tous les cas, venimeux ou pas, élever un serpent vous expose à certains risques dont vous serez le seul responsable
  • Les carnivores comme les furets, les putois, …
  • Les primates : dans cette catégorie, on cite principalement les pinceaux blancs et les saïmiris. Attention, ce n’est pas parce qu’ils sont petits qu’ils sont inoffensifs, car une petite morsure peut entraîner diverses infections
  • Les lézards : caméléons, iguanes, geckos, …
  • Les oiseaux : perroquets, canaris, toucans, mainates, perruches, …
  • Les rongeurs : souris, hamsters, cochon d’Inde, certaines races de lapins, rat, …
  • Les arthropodes : araignées, scorpions, …
  • Les poissons : poisson rouge, poissons exotiques, loche, carpe koï, …
  • Les gallinacées : paons, poules, canards, oies, dindons, …
  • Les amphibiens : dendrobates, grenouilles rieuses, …
  • Certaines tortues non protégées
  • Les crustacés : la crevette naine, le Bernard l’Ermite, …
  • Les mollusques : ampullaire, escargots de Bourgogne, …

Si l’animal que vous souhaitez garder chez vous ne figure pas sur cette liste, c’est peut-être parce qu’il ne s’agit pas d’un NAC et que sa détention en tant qu’animal de compagnie n’est pas autorisée. Il est donc conseillé de bien se renseigner avant de ramener n’importe quel animal chez vous.

Où peut-on acheter un NAC ?

achat animaux

Il existe aujourd’hui de nombreuses enseignes commercialisant, légalement, des NAC dont majoritairement des serpents. Toutefois, la vente n’est pas le seul moyen pour obtenir un animal de ce genre, car pour la plupart, leur nouvel animal de compagnie a été capturé par eux-mêmes dans la nature, certains les ont fait importer de pays étrangers, d’autres ont obtenu leur NAC auprès de laboratoire ou de zoo et d’autres encore, auprès de fermes d’élevages spécialisés.

Cela signifie que l’achat n’est pas la seule option pour posséder un NAC chez soi, mais tâchez quand même de rester dans la légalité, car oui, certains importent illégalement des animaux non déclarés ce qui peut vous occasionner des problèmes à la fois juridiques et sanitaires.

Les NAC sont-ils dangereux ?

Le niveau de dangerosité dépend de l’espèce, mais il faut quand même se méfier surtout lorsqu’on ne sait pas vraiment d’où provient l’animal. Pour la plupart, ils sont importés de pays étrangers et peuvent donc être vecteurs de maladies et de parasites.

Ainsi, quand on parle de risques, on ne se limite pas seulement aux risques physiques et donc aux attaques qu’ils peuvent engendrer, mais aussi aux risques infectieux. Il faut par exemple retenir que :

  • Les serpents venimeux peuvent vous mordre ou vous étouffer ce qui peut être mortel
  • Les petits mammifères peuvent vous transmettre des zoonoses dermatologiques comme la teigne
  • Les scorpions et araignées peuvent entraîner des allergies, peuvent être venimeux ou encore toxiques
  • Les poissons, même s’ils semblent inoffensifs, peuvent vous transmettre des bactéries et des infections suite à une piqûre durant l’entretien de l’aquarium par exemple
  • Les singes entraînent, quant à eux, de nombreuses infections plus ou moins dangereuses pour l’homme. C’est notamment le cas de la fièvre jaune, de l’hépatite A, B et C, de la fièvre hémorragique comme l’Ebola, de stomatite, de VIH1 et VIH2, …

Les risques sont donc très sérieux et à ne jamais négliger quelle que soit l’espèce que vous vous apprêtez à accueillir chez vous. Il est très important d’en connaître le pas d’origine, de consulter son carnet de santé et son carnet de vaccination et de connaître les risques auxquels vous vous exposez. Dans ce contexte, demandez au vendeur ou au fournisseur comment vous devez l’élever, que devez-vous lui donner à manger et à quelle fréquence, comment l’entretenir, quelle est son espérance de vie, … Il est inutile d’accueillir un primate de deux mois alors que vous avez déjà 70 ans sachant que l’espérance de vie d’un primate est d’environ 20 ans. Il faut donc se préparer à toutes les éventualités, car contrairement au chat et au chien, certaines races de NAC restent encore assez méconnues même des vétérinaires.

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Adopter un NAC, qu’en dit la loi ?

poissons

La détention de certaines espèces de NAC non domestiques nécessite soit une autorisation préfectorale soit un certificat de capacité prouvant l’aptitude du propriétaire à entretenir l’animal associé à une autorisation d’ouverture. Cette catégorie est encadrée par deux arrêtés, tous deux datant du 10 août 2004. Ils se réfèrent aux :

  • Conditions d’autorisation de détention d’animaux de certaines espèces non domestiques dans les établissements d’élevage, de vente, de location, de transit ou de présentation au public d’espèces non domestiques
  • Règles générales de fonctionnement des installations d’élevage d’agrément d’animaux d’espèces non domestiques

D’une vue générale, ces arrêtés ont été adoptés d’un côté, pour veiller à la sécurité et la santé des personnes et de l’autre, pour préserver les espèces d’un point de vue biologique et écologique.

Comment obtenir une autorisation de détention de NAC ?

Quand l’animal que vous convoitez nécessite une autorisation pour sa détention, voici la démarche à suivre pour obtenir ce document :

  • Adresser une demande d’autorisation de détention auprès du préfet de département où vous vivez : ce document doit être envoyé par lettre recommandée avec accusé de réception
  • Si une lettre de refus ne vous parvient pas dans les deux mois qui suivent la date de récépissé du courrier, vous pouvez considérer votre demande comme accordée

Dans le cas où vous venez à déménager, vous devez reformuler la même demande auprès du préfet du nouveau département d’habitation.

En l’absence d’autorisation pour la détention d’un NAC qui en nécessite, vous vous exposez à plus de 9 000 euros d’amende et une peine d’emprisonnement d’au moins six mois. Il s’agit effectivement d’un délit puni par l’article L415-3 du code de l’environnement.

Auteur de l’article : Sophie

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